Combien de temps une société qui se voit ainsi, qui se rêve ainsi, peut-elle tenir même en l’absence d’étrangers. Une société où le travail n’est plus reconnu à sa juste valeur, où l’ouvrier est systématiquement méprisé alors qu’il en constitue la cheville ouvrière. Après on s’étonne que personne n’ait plus vraiment l’envie de travailler que les étrangers qui eux visent d’autres buts, qui sont ceux d’améliorer l’avenir des leurs restés de l’autre côté.
Le jeu préféré actuel des politiques étant le « qui va taper le plus fort contre ces étrangers sans aucune protection », jouissant de peu de droit donc ne pouvant pas oser opposer une réelle résistance puisque leurs droits ne sont pas garantis, malgré les velléités de droit de l’homme prônés par ce pays. C’est tellement facile de toujours taper sur les plus vulnérables pour montrer sa force au lieu pour ce faire d’oser aller se mesurer à son pareil. N’est-ce pas un poète de ce pays (La Fontaine) qui affirmait que « à vaincre sans périls, on triomphe sans gloire » ? Cette leçon d’honneur est vite oubliée quand il s’agit de taper sur les étrangers dans ce pays. D’ailleurs l’honneur, depuis quand ils ne l’ont plus retrouvé dans leur dictionnaire ces politiques, que pour en parler au passé, l’honneur passé et, je le confirme, perdu de notre pays, la dignité tout autant passé aussi. Sinon quel mérite y a-t-il à tout le temps matraquer sur les ondes : « l’immigration est la cause de nos problèmes, c’est les noirs d’Afrique, mais aussi à demi-mot ceux des dom-tom, c’est les asiatiques, c’est les plombiers polonais… »
On oublie au passage que l’Italien, l’américain, l’australien, l’allemand, le canadien, etc… sont tout autant des Etrangers en France, ah non ! J’allais oublier, eux, c’est la bonne immigration, celle qui ramène des sous aux Français, celle qui fait travailler ces bons pères de familles français ou, tout au moins, sont-ils facilement assimilable par la couleur de la peau. N’est-ce pas que Pablo, Vicenzo ou Cameron c’est plus français qu’un Sylla ou Nadia. Alors eux oui ! ce n’est pas de l’immigration, c’est des investisseurs. Quelle autre illustration que le cirque organisé par les dirigeants français pour M. Le Président de la nouvelle Chine, toute riche, venant faire ses courses à Paris, acheter quelques avions à Airbus par ici, prospecter la technologie nucléaire française par là. Oubliés les droits de l’homme, oubliés les exactions au Tibet, les conditions de travail en Chine, oubliée même l’épineux dossier de l’immigration clandestine Chinoise en France, alors qu’on les dit tous les jours arrivants par containers entiers. Ces points, on les déplorera bien plus tard encore une fois qu’il aura signé ses contrats à coup de milliards d’euros et qu’il sera reparti chez lui, tel le grand seigneur et sauveur des français qu’il est.
C’est tellement Français de contester les gens quand ils sont loin. C’est la nouvelle valeur politique qu’on nous apprend en France, la tactique du singe. Tirer dans le dos de l’adversaire ou ne l’affronter que quand il est désarmé alors qu’on a toutes les armes pour nous. Le manque de courage politique est devenu un sport national, même celui qu’on présente qu’on nous présente comme le plus audacieux du système, un certain président de l’UMP, n’hésite pas à cirer les pompes au méchant quand ça l’arrange. Quel désolant spectacle. Avec une telle audace, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Quand on dit que « le ridicule ne tue pas en France », c’est le manque d’immigrés désarmés sur qui taper qui tue en France.
Le seul vrai projet politique qui unisse la droite française aujourd’hui c’est les étrangers. Pauvre d’eux, après s’être débarrassé des étrangers-étrangers, on s’occupera de qui ? Les étrangers de l’union européenne, ensuite les étrangers d’outre-mer, les étrangers-français, les français-etrangers, avec un peu d’imagination, on se représente la suite. On expulsera les etranger français des banlieux, ceux de Saint-Dénis, Créteil, … pour finir par ne garder que les français à particule, les de Villepin, de Chirac et alors on verrait apparaître les de Sarkozy aussi non ? C’est une pente glissante qui finit par un nazisme inéluctable car à dresser les différences les une contre les autres au lieu de les amener à se comprendre, on prépare inexorablement le lit de tous les extrémismes, y compris celle raciale. Un jour il faudra bien trier entre les Français pour savoir qui est plus français que les autres. Un grand pays réduit à cela ? Alors vive les petits pays sachant sauvegarder leurs cultures de tolérance même en l’absence d’énormes moyens comme le mien.
Novembre 2005 en France, des jeunes bien français se révoltent en banlieux pour des raisons qui leur sont propres, on voit des centaines de milliers de jeunes se révolter contre leur conditions, et que nous propose-t-on ? Je cite : nous allons expulser les 25 000 étrangers qui ont mis le feu à nos banlieux et brulé nos voitures françaises de fabrication française. » ou encore « nous n’utilisons pas assez la procédure de retrait de nationalité ». Ainsi voilà que quelques milliers d’étrangers commandent des centaines de milliers jeunes de Français, il faut croire qu’il ne valent pas si cher ces français, dans l’ordre de combien il faut compter : un français pour 10 ou 20 ou 100 étrangers ? Qui plus est, ces Français de naissance, on va leur retirer la nationalité française et leur en donner laquelle ? Pas la peine de chercher, on en fera des étrangers, comme cela on pourra taper sur eux impunément, pas besoin de leur trouver une autre nationalité, étranger, ça suffit.
Mars – Avril 2006 en France, les jeunes Français, étudiant et lycéens ainsi que les syndicats manifestent : crise du CPE. Solution proposée : « Expulsons les étudiants étrangers qu ont agité nos facultés ». Au lieu de proposer de réelles solutions aux problèmes profonds qui secouent toutes les couches de la population, on préfère se décharger sur les étrangers, les souffre-douleurs favoris de ce pays. Comble de la vacuité et de l’hypocrisie.
L’étranger ! Quelle aubaine pour le politique français, plus qu’une mâne, c’est une mine d’or aux mains de ces agitateurs d’opinions en manque de réelles idées pour reformer leur pays et le faire rentrer dans le 3ième millénaire avec un mental de gagnant.
C’est à se demander comment ces pauvres français peureux de l’étranger ont pu oser traverser les océans pour aller coloniser d’autres pays en Afrique et ailleurs. Il faut croire que ce ne sont pas les mêmes français, leur ancêtres devait être plus braves et aventuriers que ces personnes sans grande ambition que de conserver des avantages aujourd’hui dépassés. Non, ces français d’aujourd’hui et de demain d’ailleurs ne pourraient pas nos coloniser, c’est plutôt l’inverse. Ce serait à nous de prendre notre revanche. Mais comme on dit, chaque chose a son temps, et tout vient à point à qui sait attendre. On verra bien la fin des haricots et qui vivra verra où finiront les bourricots.