Une petite anecdocte d'un cadre africain formé à l'étranger convaincu de la nécessité d'aller contribuer à la construction de son pays qui s'en retourne au point zéro, faute d'avoir compris le système ou peut-être plus certainement d'avoir été compris et soutenu.
Après une formation d'ingénieur dans l'une des plus grandes écoles du continent africain et d'Europe à travers la France, ex-pays colonisateur de son pays d'origine, ce jeune cadre que nous nommerons Alchimist décide de rentrer au bercail apporter son savoir et sa compétence au développement de ce pays africain, parmi les plus pauvre du monde sur le plan matériel mais si riche de la qualité de ses filles et fils, pour la plupart, de grands intéllectuels.
Il fut facilement embauché par une grande entreprise de la place opérant pour la maison mère en france, comme dans la plupart des ex-colonies de ce pays qui a tellement du mal à lacher les acquis du vieux système du vieux monde. Mais là n'est pas encore du néocolonialisme.
La désillusion commence quand, à l’entretien d'embauche, le directeur technique, un blanc évidement, lui affirme de but en blanc que en tant que "indigène" ou pour être plus sympa autochtone, employé dans son propre pays, il ne pouvait prétendre un jour occuper ce poste de DT qui serait réservé à aux seuls agents (blancs en general) de la maison-mère. Ceci étant une discrimination évidente instaurant une différence entre un cadre local, subalterne et eux les blancs touts puissants. S'il devait écouter sa seule conviction, il n’aurait pas commencé l’essai puisque les conditions contre lesquelles il souhaitait lutter en rentrant sont celles qu’on lui impose d’entrée de jeu. Mais pour ne pas donner l'impression de fuir au premier obstacle, il est resté et a affronté un à un les aléas de la période d’essai.
Bien qu'ayant vite compris que cela ne correspondait pas à ce que il voulait faire de sa vie, il a opté pour le respect de son engagement en allant au moins au terme du contrat d’essai. Certes aura-t-il beaucoup appris sur le plan professionnel, et le monde de l’entreprise, mais il aura surtout compris que la direction de la «maison-mère » les considérait comme des cadres de seconde zone comme qui dirait : « des cadres indigènes », et supporter cela au XXIè siècle dans son propre pays lui a été très difficile, voire insupportable. Pourtant il restera aussi longtemps que durera au moins son contrat d'essai afin d'honorer ses engagements…Après quoi son contrat sera même prolongé bien malgré lui et à son grand étonnement personnel en premier, mais il essayera quand même de l'honorer jusqu'à la limite du possible. De voir qu'après 45 ans d'indépendance dans cette ex-AOF, 5 cadres français, peuvent faire la pluie et le beau temps dans un pays indépendant pour plusieurs centaines d'employés autochtone, obligé de se coucher devant eux en ravallant à chaque fois leur dignité, en quoi est-ce si différent des temps de la colonisation, sinon qu'au moins alors pouvions-nous nous estimer obligés par la force d'obéir à ces gens. Aujourd'hui on le fait gratuitement sinon, pour trois sous qu'ils veulent bien nous concéder, alors que ce sont nous semblables qui nous dirigent. En tout cas l'alchimist lui continuait son petit bonhomme de chemin en sachant de toute façon qu'il ne pourrait supporter longtemps une telle situation de soumission populaire, idéologique, culturelle et raciale.
A la faveur de quelques démarches administratives à faire en France, il quitta une nouvelle fois son pays en ayant sollicité des congés qui lui furent accordés. Malheureusement, son retour en Occident ne se passera pas comme il l’envisageait. Il a perdu le contrôle de tout, juste parce qu'il est reparti avec un mois de retard sur ses prévisions. Impossible de récupérer la chambre, le job ni ses papiers, et tout le reste … Il avait oublié que le temps n'avait pas la même valeur en Afrique que dans le monde supersonique occidental, il est en train de l'apprendre à ses dépends. Il ne devra son salut qu'à des amis compréhensifs sur cette situation de retour en catastrophe qu’ils ont eux-mêmes vécu.
Tout cela pour vous dire que ce n’est pas du tout un plaisir pour un cadre africain diplômé de rester ici en Occident! Mais à choisir entre être frustré, dominé et dirigé par des blancs dans son propre pays dit "indépendant" ou l’être ici, Il préfèrerait encore que ce soit chez eux car alors il sait qu'il n'est pas dans son pays et qu'il l’aurait bien cherché. C’est bien plus facile aussi à assumer pour l'alchimist, car il considère qu’il ne devrait pas y avoir de poste dans son propre qui lui soit interdit du fait qu'il est chez lui. La frustration est toujours plus facile à supporter à l'étranger que dans son propre territoire à soit et même si ceci n'explique ni n'excuse pas totalement le fatalisme de beaucoup de cadres africains qui choississent très facilement de s'établir en Occident malgré tout le potentiel dont regorge leur pays; il en délivre quelques axes de réflexion qui méritent qu'on s'y attarde pour inverser les vapeurs si tant est que cette volonté existe.
Beaucoup veulent toujours revenir au Bercail mais à condition d'y trouver un domaine où s’investir sans avoir à y subir au jour le jour la domination des blancs qu'ils perçoivent mal dans leur propre pays après 45 années d’indépendance. Et pourtant personne n'ose parler de néocolonialisme.
Voilà en gros quel est votre avis sur la question?
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